11 mai 08
Dans le temple.
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Petit à petit je me sentais de mieux en mieux au sein de la clinique, je prenais mes habitudes, je connaissais au fur et à mesure l’ensemble des infirmières de mes services (et Dieu sait combien il y en a!), il était de plus en plus facile de discuter avec elles des sujets qui me semblaient sensibles, tels que les problèmes des castes, du mariage arrangé, de la condition de la femme en Inde. Si les castes peuvent en émouvoir certains, les mariages arrangés et la condition des femmes dans le pays semble être complètement acceptés : on naît femme donc on vit comme “doit” vivre une femme, c’est à dire qu’elle sera considérée dès sa naissance comme un poids financier (le prix de son éducation auquel s’ajoutera le coût énorme de la dote), si la famille a peu de moyen, la petite fille ira donc travailler dans le meilleur des cas, se prostitura dans le pire, elle ira moins facilement à l’école (à quoi bon car ça ne lui apprendra pas à avoir un mari), et une fois mariée elle sera soumise à l’autorité de son mari et de sa belle mère qui elle même se vengera sur sa belle fille des sévices qu’elle a endurée étant jeune. Ce n’est bien sûr pas le cas de toutes les familles (notamment dans le nord du pays où j’ai senti une grande différence à ce niveau là), mais je vous assure qu’être une femme en Inde est une dure affaire.
Je discutais un jour avec un indien malchanceux car père de quatre filles, il voulait marier la plus grande avec un homme dont la famille demandait comme dote plus de 100 000 roupies en biens (moto, réfrigérateur, téléphone, ordinateur…). Le père gagnait 3000 roupies par mois, et une fois son loyer payé il ne lui restait tout juste que 500 roupies pour se nourrir. Il réfléchissait donc a l’endettement (courant en Inde, des familles s’endettent de génération en génération pour payer les dotes de leurs filles), ou bien à “vendre” le salaire de sa fille car il était bon (9000 roupies soit 150 euros par mois). En gros sa fille allait verser la totalité de sa paye à la belle famille durant plusieurs années pour payer la dote de son propre mariage…
Sur l’image, une petite fille avec ses parents à Madurai, Inde.
Retour de l’Inde depuis 2 jours.
5 semaines, du sud au nord, découvrant le système de santé du pays, ses habitants, une culture que je ne connaissais guère, et toute une misère à un niveau rarement vu lors de mes précédents voyages.
C’est à Mumbai (anciennement Bombay) que la misère est la plus flagrante, la plus visible en tout cas: la montée en force d’une classe moyenne et la modernité de la ville contrastent d’autant plus avec ceux qui sont restés au plus bas de l’échelle, vivant dans les immenses bidons villes juxtaposés à l’aéroport et aux pieds des immeubles de luxe, ou encore dans la rue, dormant à même le sol une fois la nuit tombée après une journée habituelle de mendicité, toujours pieds nus.
Une misère qu’aucun indien ne semble vouloir voir…
Test du Ricoh Caplio GX100.