4 février 05
Les Crados.
Je me rappelle d’un soir d’anniversaire, une bonne occasion de tous nous retrouver autour d’une table, où une amie avait eu la bonne idée de nous offrir à chacun une petite carte des Crados, révélant à chacun nos petits défauts (et elle ne s’était pas trompée, il faut l’admettre), une manière assez mignonne de nous dire “je vous aime comme vous êtes!”.
Et, malgré que j’eus trouvé cette initiative assez sympa, on ne peux pas dire que ça a été au goût de tout le monde, je pense notamment à une personne qui s’est vexée, boudant toute la soirée parce qu’il avait eu droit à la carte “permis de râler”. On lui avait pourtant offert le droit d’être ce qu’il est (un râleur), et de faire ce qu’il aime (râler)…
D’ailleurs, comme je suis sûr qu’il va lire ces quelques mots, ça va sans aucun doute lui donner une nouvelle occasion de se plaindre en me traitant de salaud! (sans rancune M. Jr ? ; -) )
C’est en me rappelant cette petite anecdote que je me suis mis à écrire ce billet.
Alors qui ne connaît pas les Crados, ces cartes à coller, venues tout droit des Etats Unis, représentant divers personnages tous aussi “crados” les uns que les autres?
Véritable déferlante dans les cours d’école à la fin des années 80′, Les Crados ont suscité une vive polémique à tous les niveaux de la société: tout d’abord les enfants, véritables fans de Gustave La Bave ou autres Pervers Bébert, puis celle des parents, choqués par ces images de mauvais goût montrant le mauvais exemple à leurs progénitures.
Ce mouvement à très vite pris une ampleur dont personne ne se serait douté lors de leur lancement, devenant un véritable mouvement de société, la politique s’en mêle: certaines écoles ont interdit ces cartes, les jugeant opposées à leurs missions d’éducation, Lionel Jospin prend la peine d’avertir l’Institut national de la consommation, et le commandant Coustaud alerte Michel Rocard du danger que peut représenter ces différents personnages et les noms qui leurs sont associés.
Il est clair que certaines images ont de quoi faire paniquer quelques parents, je pense notamment à Gilou Cordocou représenté par une personne en train de se pendre, ou encore Sandrine Sanguine baignant dans son sang tout droit sortit de son doigt, une plaie ouverte…
Mais le coté “recto” n’est pas l’unique problème, le “verso” avait aussi sa touche d’”anti-propre”. Le dos des carte décernait en effet, au grès du hasard, soit des Prix, comme le prix du grossier personnage, soit des permis, comme le permis de redoubler, ou des certificats, comme le certificat de délinquance…
On imagine vite comment la langage des enfants à pu changer dans les cours des écoles.
Je me souviens d’un pauvre garçon de mon école qui à eu la “malchance” de s’appeler Luc, résultat: plus personne ne lui adressait la parole sauf pour lui dire “Hé toi! Parlamon Luc!”.
D’autres ayant le permis de tricher, ne se gênaient plus pour regarder sans aucune gêne sur ma copie d’exercices pour y extraire quelques unes de mes réponses.
Aujourd’hui, des collectionneurs s’arrachent à prix d’or les pièces les plus rares, et en 2004, ces personnages sont remis à jour, mais le succès n’a pas été à la hauteur du phénomène apparut 15 ans auparavant.
Les “rectos”:
Et les “versos”:
Tout savoir sur Les Crados sur le site non officiel: lescrados.com
Catégories : Vu sur le web
Hier, j’ai publié les résultat de la fréquentation de ce blog. Après la lecture de différents billets du 